Avant d’être salariée de la SPA en 1992,  j’avais été bénévole pendant 20 ans. J’ai vécu 5 ans en Polynésie française où j’étais marionnettiste. J’ai été confrontée à une véritable catastrophe là-bas. La misère animale est partout. J’ai fait ouvrir trois commissions rogatoires contre la consommation de viande canine, le braconnage des tortues protégées par la convention de Washington, et les combats de chiens. Elles ont toutes abouti à un procès. 

Je ne supporte pas les mauvais traitements. Je ne supporte pas qu’on martyrise les animaux. C’est mon combat.

En 1989, j’ai participé à un commando de libération des animaux utilisés pour l’expérimentation animale. Un an plus tard, à l’occasion du procès d’Agen, les médias évoquaient pour la première fois la « Dog connection » faisant référence aux chiens de particuliers volés pour être envoyés dans des laboratoires pratiquant l’expérimentation animale. 

A l’origine, la Cellule Anti-Trafic (CAT) de la SPA est née pour retrouver ces animaux volés à des fins d’expérimentation. 

Depuis, elle a bien évolué. Avec la chute du Mur de Berlin et les échanges facilités à travers l’Europe, les trafics se sont intensifiés. 

Avec la CAT, je suis allée plusieurs fois en Europe de l’Est où l’on a vu des conditions d’élevage horribles, mais c’est la même chose dans notre pays. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les élevages véreux, où j’ai pu voir jusqu’à 600 chiens, sont aussi en France. La différence, c’est le transport : 17h de route parfois. Certains chiots ne survivent pas au voyage. Les trafiquants appellent cela « la casse ». Ces jeunes animaux sont séparés trop tôt de leur mère, ils ne sont pas vaccinés contre la rage, leurs papiers d’identité sont falsifiés. 

Il existe des élevages français qui travaillent correctement, de façon respectueuse de l’animal et du potentiel propriétaire. Mais en France comme à l’étranger, des usines à chiots offrent des conditions d’hébergement déplorables aux animaux, totalement contraires à leur bien-être : les chiennes sont trop sollicitées pour la reproduction. Les mâles reçoivent des coups de dents et cela génère des bagarres. Les reproducteurs sont très souvent détenus dans des endroits insalubres sans le moindre confort et la moindre attention. Ce sont des machines à reproduire : l’animal marchandise. 

Les chiots importés ou nés dans des élevages multi-races en France sont aussi vendus en animalerie. Là encore, il y a la vitrine pour les acheteurs, et l’arrière-boutique où j’ai vu des chiots et des NAC laissés sans soin, à l’agonie. 

Ces chiots privés de leur mère trop tôt, souvent fragiles voire malades, peuvent développer des troubles du comportement : agressivité, phobies, malpropreté, anxiété…. Ce sont ces mêmes chiens que l’on retrouve ensuite dans les refuges, parce que leurs maîtres n’en veulent plus. Les refuges de protection animale sont devenus, malgré eux, le service après-vente de ces marchands de vie. 

Alors oui, je suis favorable à la fermeture des animaleries. Certains pays européens ont commencé à les interdire. 

Mais il faut aussi lutter en amont contre les trafics. Cela passe, entre autres, par une meilleure cohésion au sein des associations. Il faudrait que les associations s’unissent au lieu de se faire la guerre, et ainsi mieux sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics.

Je fais partie du Conseil d’administration de la SPA depuis juin 2016 mais je n’ai pas trouvé ma place. Je souhaite que la SPA redevienne militante, ce n’est pas un gros mot, c’est une nécessité d’autant qu’il y a à présent une prise de conscience politique, médiatique et sociale sur la condition animale. C’est le moment d’agir ! 

Brigitte Piquet-Pellorce

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