Le Code rural définit des conditions d’hébergement minimales pour les animaux en collectivité (surface, protection contre les intempéries et le soleil, accès extérieur pour les chiens et plate-formes en hauteur pour les chats) avec des dérogations, notamment pour les fourrières.

Mais ces critères ne portent pas sur les relations sociales, les sorties, les jeux… autant de données primordiales pour l’épanouissement des chiens et des chats.

Selon mon expérience, le mode d’hébergement le plus adapté pour un grand nombre de chiens est un hébergement en parc. Il faudrait donc a minima que les chiens hébergés en boxe puissent accéder à de telles aires d’exercice et bénéficier de promenades à l’extérieur dès que possible.

Les modes d’hébergement sont liés aux besoins de chaque individu, tous différents. Ils dépendent aussi des capacités physiques de l’environnement dans lequel les chiens sont hébergés. Certains refuges ont la possibilité de développer l’hébergement en boxe, d’autres en parc. 

Des établissements très proches les uns des autres pourraient transférer des chiens hébergés dans des boxes exigus inadaptés vers des refuges voisins aptes à proposer des hébergements en parc qui leur conviendraient certainement mieux. 

Concernant les chats, il est facile de leur procurer des espaces en hauteur en recourant aux aménagements en 3D. On peut leur donner accès à l’extérieur grâce à des catios.

Ce qui nuit fortement aux chats, c’est la promiscuité et l’enfermement, malheureusement fréquents en refuges. 

Tous ces aménagements sont peu couteux et seraient faciles à mettre en œuvre, ce à quoi je m’engage si je suis élu. 

Le bâti pour les animaux vulnérables

Le bâti, plus onéreux, n’est réellement utile que pour les animaux vulnérables (malades, jeunes ou âgés). La plupart des chiens ne requièrent pas un hébergement en boxes fermés, source d’humidité et qui nécessitent un entretien quotidien, chronophage pour les salariés et bénévoles qui pourraient occuper ce temps à d’autres activités plus positives pour les animaux.

Tous les refuges que j’ai visités en Île-de-France pourraient recourir à des hébergements en parc, avec des niches. L’hébergement dans des parties chauffées serait réservé aux chiens les plus vulnérables, les plus âgés, les plus petits, et les chiens malades. Ce mode d’hébergement ne convient sans doute pas, toutefois, aux refuges situés dans les régions les plus froides de France. 

Pour les chats, il suffirait de disposer des chalets chauffés au sein des parcs. 

Certains félins ne supportent pas l’hébergement en collectivité et ont besoin d’un hébergement individuel. Il existe aujourd’hui de nombreux modèles de pièces d’hébergement ou de cages qui ne les condamnent pas à l’exiguïté. 

Depuis 16 ans, ce sont ces modes d’hébergement que nous avons déployé au refuge AVA que je préside. On y constate une diminution considérable des maladies et un plus grand bien-être chez nos pensionnaires.

Les conditions d’hébergement optimales sont la combinaison d’un environnement physique, avec lequel il faut composer, et de techniques d’optimisation de ces environnements pour une population donnée. 

J’ai visité des refuges SPA habilités à accueillir 150 chiens en boxes et qui, à mon avis, ne peuvent en héberger de façon convenable qu’une vingtaine. A l’inverse, j’ai visité des refuges SPA dans lesquels j’ai vu un nombre peu important de chiens relativement aux capacités d’hébergement de qualité que ces refuges pourraient offrir. 

Je suis convaincu qu’on peut faire mieux avec l’existant, à moindre coût. 

L’humain contribue à réduire le mal-être

L’un des aménagements les plus importants qui contribue à réduire le mal-être des chiens et chats hébergés en collectivité, c’est bien sûr l’humain. Nous avons visité à ce jour 6 refuges SPA en Île-de-France et ce qui conditionne la diminution du mal-être et des maladies des animaux, c’est la quantité, le professionnalisme et la motivation des équipes en place. 

Pour asseoir ce professionnalisme, le besoin de formation est permanent : tous les salariés, voire même les bénévoles, devraient se voir offrir plus de formations par des professionnels reconnus. Moi-même, je suis vétérinaire depuis 30 ans, et je consacre depuis 30 ans, 2 à 3 semaines de mon temps chaque année à ma formation continue.

Thierry Bedossa

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