Membre actif de la SPA depuis 1973, Brigitte Piquet-Pellorce est une figure historique de l’association. Créatrice de la cellule anti-trafic, elle est à l’origine de plusieurs combats de fond de la SPA. En quatrième position sur la liste Action SPA, elle apporte sa vision de terrain et sa pugnacité sur les sujets qui lui tiennent à cœur, comme la moralisation du commerce des animaux de compagnie et, plus globalement, tous les combats contre la maltraitance infligée aux animaux, quelle que soit sa forme.

Pouvez-vous nous résumer en quelques mots votre histoire avec la SPA ?

Brigitte Piquet-Pellorce : Mon adhésion remonte à 1973 et est liée à mon premier face à face avec la maltraitance animale : le pauvre chien d’un voisin, maintenu à l’attache et roué de coups à longueur de journée. J’ai alors décidé de m’investir pour la cause animale et suis devenue déléguée-enquêtrice, en binôme avec un ancien policier.

En 1981, je suis partie vivre en Polynésie française et j’ai découvert d’autres visages de la maltraitance : les combats de chiens, le braconnage des tortues, la consommation de viande de chien. Pour combattre ces horreurs, j’ai créé une association, le Rassemblement des opposants à la souffrance animale, le sigle SPA étant sur l’île de Tahiti monopolisé par des escrocs. J’ai pu, à force de pugnacité, obtenir la condamnation des mis en cause sur ces dossiers.

De retour en France, en 1987, ma rencontre au siège de la SPA avec la présidente de l’époque, Jacqueline Faucher, a été décisive. C’est elle qui m’a poussée à m’occuper du trafic animalier et, par ricochet, à créer la Cellule anti-trafic (CAT) en 1992. J’y suis restée jusqu’à fin 2014. Seule puis avec quelques collaborateurs, nous avons mené de nombreux combats contre la maltraitance animale.

Quelle est la finalité de cette cellule ?

B.P.-P. : Initialement, la CAT s’est focalisée sur les vols d’animaux, qui étaient nombreux à l’époque, notamment pour alimenter les laboratoires d’expérimentation animale. Progressivement, ses missions se sont élargies au commerce illégal, à la lutte contre les combats de chiens (qui sont l’œuvre initiale d’une poignée d’individus !), contre les mauvais traitements en tout genre, les animaleries véreuses, même les cirques dont les animaux étaient détenus dans de mauvaises conditions.

Le nombre de dossiers ouverts à la CAT est malheureusement impressionnant (plus de 6 000 quand j’ai quitté la cellule)…

Pourquoi avoir rejoint la liste Action SPA ?

B.P.-P. : J’étais lassée des problèmes d’entente trop fréquents entre les protecteurs des animaux qui, au final, nuisent à la cause animale. Cette liste qui mêle des scientifiques, des « internes » rôdés au fonctionnement de la SPA et des gens de terrain me semble la plus équilibrée et appropriée pour reprendre en main l’association.

En effet, le domaine de la protection animale est passionné et donc compliqué. Pour être efficace, il nécessite des profils complémentaires et, surtout, qui connaissent bien les animaux, ce qui est le cas de tout le monde sur la liste Action SPA, tous les colistiers étant engagés depuis longtemps dans ce domaine.

Quels sont vos souhaits si votre liste est élue ?

B.P.-P. : Les refuges sont un mal nécessaire mais ils ne sont que la conséquence de la maltraitance. C’est donc sur ce volet que nous devrions concentrer nos actions.

J’aimerais que nous renforcions le service d’enquête basé à Paris et composé de seulement quatre personnes, un effectif bien insuffisant pour gérer tous les problèmes signalés en Ile-de-France.

Il nous faudra aussi augmenter les effectifs de la CAT et superviser son fonctionnement.

Nous envisageons de former et dispatcher en province des délégués-enquêteurs aptes à intervenir sitôt un cas de maltraitance signalé, sans attendre que l’information remonte et soit traitée au siège, ce qui allonge bien inutilement les délais.

Nous avions déjà rédigé un fascicule sur les textes de loi relatifs au commerce des animaux de compagnie. Nous en publierons un autre sur les actes de cruauté pour que les délégués enquêteurs disposent d’outils opérationnels qui sont autant d’instruments de dialogue avec les autorités.

Nous renforcerons la lutte contre les élevages clandestins et les animaleries non conformes.

Au niveau des refuges, même si je m’éloigne de mon domaine de compétence, j’aimerais que nous réfléchissions aux conditions de détention. Les refuges me mettent mal à l’aise. Le but de toute association de protection animale serait qu’ils n’existent plus mais c’est malheureusement impossible. Nous pouvons par contre œuvrer pour les rendre plus accueillants pour nos pensionnaires et en faire des lieux où les animaux se reconstruisent pour mieux repartir et le plus vite possible.

Propos recueillis par Maud Lafon

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