Mon métier de vétérinaire comportementaliste, m’a souvent amené à intervenir dans de nombreuses structures SPA pour effectuer des évaluations comportementales ou des consultations de médecine du comportement.

Dans tous les cas, le bien-être animal est au cœur des discussions entre le vétérinaire et les équipes soignantes.

De nombreuses études scientifiques démontrent en effet le lien entre les conditions d’hébergement et l’apparition de pathologies liées au stress :

  • Baisse des défenses immunitaires
  • Apparitions de maladies chroniques
  • Troubles du comportement lié à l’anxiété

Hélas, les solutions d’aménagement de l’environnement proposées et scientifiquement reconnue comme efficace ne peuvent pas toujours être mises en place malgré le désir des équipes soignantes de diminuer la souffrance animale.

En effet le manque de moyens budgétaires, de temps à consacrer aux animaux les plus vulnérables et le sous-effectif chronique en personnel des structures empêchent les bénévoles et les employés de mener à bien leur mission de cœur : Soulager le vivant.

Cette situation de frustration de ne pas pouvoir aider l’animal comme il le mériterait peut créer chez les soigneurs un profond sentiment de colère et d’injustice.

J’ai été amené à échanger avec de nombreux employés de la SPA qui m’ont confié leur démotivation à tenter de faire évoluer les pratiques en cours et leur fatigue face à leurs conditions de travail physiquement et émotionnellement pesante.

Au sein d’une équipe de soignants, le fait d’identifier quelques personnes ayant perdu toute motivation pour leur travail génère des situations de tension et de mal-être qui affectent tout le fonctionnement de la structure.

L’embauche de personnel non qualifié, la généralisation des contrats précaires, le manque de formation initiale et continue entrainent un turn-over incessant des équipes rendant impossible la mise en place d’une cohésion et d’un esprit de groupe.

Le manque de communication entre les dirigeants, les employés et les bénévoles cause une perte de confiance et un sentiment d’impuissance qui empêchent de travailler dans un environnement serein et bienveillant.

Ces personnes, pourtant animées par le désir d’aider l’animal se retrouvent alors dans des situations de détresse émotionnelle qu’ils n’arrivent plus à gérer.

Comment pourraient-ils alors réussir à gérer la souffrance de l’animal ?

Il faut donc mettre en place une politique de gestion durable des employés de la SPA, valoriser leur travail et leurs formations afin que la seule problématique demeurant pour les équipes soit celle du bien-être animal.

Antoine Bouvresse

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